« Révéler la valeur là où elle existe déjà » - Interview d’Amal Mansouri, Responsable Partenariats
Dans l’univers exigeant de la donnée en santé, certains parcours ne suivent pas une ligne droite – et c’est précisément ce qui fait leur richesse. Responsable Partenariats chez Tune Insight, Amal Mansouri évolue à la croisée des mondes : celui des ingénieurs et des cryptographes, celui des chercheurs et des industriels, celui des établissements de santé et des acteurs de l’innovation. De ses premiers pas dans une petite structure pharmaceutique lyonnaise à la structuration de partenariats complexes en e-santé, son fil rouge reste le même : créer des ponts, structurer la collaboration et révéler la valeur là où elle ne demande qu’à être organisée.
Amal, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Amal Mansouri, j’ai un parcours école de commerce, avec une spécialisation marketing et stratégie commerciale. Ma première vraie immersion dans l’univers de la santé – sans que je le réalise vraiment à l’époque – remonte à mes débuts. Avant même mon Master, j’ai évolué dans une petite structure lyonnaise issue du pôle universitaire de La Doua : Processium, une société spécialisée dans les procédés chimiques et pharmaceutiques. Nous étions cinq.
J’étais assistante de gestion, donc je touchais à tout, et c’est là que j’ai compris que ce qui me stimulait, c’était travailler sur la promotion de l’entreprise, réfléchir à la stratégie, structurer des actions. Avec le recul, c’était déjà une première approche de l’univers pharma et scientifique… et aujourd’hui je me rends compte que la boucle est assez logique.
Après cette première expérience, tu t’es éloigné du monde de la santé et de l’univers pharma
Complètement ! Après mes études, j’ai travaillé chez Renault (branche financière), puis j’ai enchaîné différentes expériences, notamment chez Nexity dans l’immobilier. Et c’est cette dernière expérience qui m’a plongé dans l’univers de la collaboration !
J’ai crée et structuré pour la première fois une fonction partenariats. Les partenariats existaient, mais ils n’étaient ni nommés ni organisés. Il a fallu créer des process, formaliser les échanges, poser un cadre.
C’est une expérience clé pour la suite.
Comment reviens-tu ensuite dans la santé numérique ?
En rejoignant Enovacom. C’était un vrai saut dans l’inconnu. Je venais d’un univers business, et je me retrouve face à des ingénieurs, des experts techniques, des sujets d’interopérabilité, des DPI, des réglementations complexes…
Mais justement, ce challenge m’a attirée.
Quel était précisément ton rôle ?
Structurer et développer les partenariats, à la fois techniques et commerciaux. Je travaillais avec des éditeurs de DPI, des logiciels métiers (urgences, spécialités), des acteurs de télésurveillance, de télémédecine… Il y avait aussi énormément de sollicitations de start-ups. Mon rôle ne se limitait pas à “faire du business”.
Je gérais la qualification des demandes, l’analyse stratégique, l’organisation des ateliers techniques, la coordination avec les équipes R&D, la construction du business model et bien sûr la contractualisation.
Je suivais le partenariat du premier échange jusqu’à la mise en œuvre. Ce que j’ai appris, c’est que le partenariat en santé est profondément collaboratif : il faut aligner les besoins métiers, les contraintes techniques et les enjeux réglementaires.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre Tune Insight ?
Un concours de circonstances… et une vraie cohérence stratégique. En arrivant en Suisse, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Bertrand, puis Frédéric (ndlr : COO et co-fondateur Tune Insight). En discutant avec lui, j’ai compris l’ambition de Tune Insight : permettre la collaboration autour des données de santé sans jamais exposer les données elles-mêmes.
Et là, ça a fait sens.
J’avais déjà saisi les enjeux autour des entrepôts de données de santé, de la valorisation de la donnée, des besoins de recherche clinique. Mais les freins réglementaires et éthiques restaient forts. La technologie de Tune Insight apporte une réponse concrète à cette tension : collaborer, mais de manière sécurisée.
En quoi ton rôle actuel s’inscrit-il dans cette logique collaborative ?
Mon rôle reste très aligné avec ce que j’ai toujours fait : créer des ponts. Aujourd’hui, je travaille avec des hôpitaux, des laboratoires, des équipes de recherche, des partenaires industriels. Chacun a ses contraintes, ses objectifs, son niveau de maturité.
Mon travail consiste à comprendre les enjeux des uns et des autres, à structurer des collaborations qui tiennent dans la durée, et à accélérer la mise en relation stratégique. Il ne s’agit pas seulement de signer un contrat. Il s’agit de construire un écosystème où chacun trouve de la valeur.
Tu évolues dans un environnement très scientifique. Comment le vis-tu ?
C’est impressionnant, forcément. Chez Tune Insight, on parle cryptographie, recherche clinique, études pharmaceutiques… Les profils sont très pointus. Mais ce qui me marque, c’est l’humilité des équipes. Et surtout, j’apprends encore tous les jours. Je pensais déjà avoir beaucoup appris sur le secteur de la e-santé. En réalité, on continue à monter en compétence, notamment sur les sujets pharma et data. C’est extrêmement stimulant.
En dehors du travail, qu’est-ce qui te caractérise ?
J’adore chiner ! Brocantes, meubles anciens, objets oubliés… J’adore trouver une pièce, l’imaginer autrement, la repeindre, la transformer.
Parfois je me trompe, parfois c’est réussi. Mais j’aime le processus. Prendre quelque chose qui semble banal ou dépassé, et lui redonner de la valeur.
Et si on faisait un parallèle avec ton métier ? (bonus)
Chez Tune Insight, on ne crée pas la donnée. On va la chercher là où elle existe.
On la met en relation avec d’autres données, on la transforme en information exploitable. On en révèle la valeur, sans jamais la déplacer ni l’exposer.
C’est exactement ce que je fais quand je chine un meuble : un potentiel que d’autres ne voient pas, je le retravaille, je le transforme.
Au fond, que ce soit en décoration ou en data, ce que j’aime, c’est révéler la valeur cachée et la mettre au service d’un projet collectif 😉
